Tuesday, 6 October 2009

Ciel Mauve

Parmi les notes qu'il rédige en 1960, Elias Canetti inscrit la consigne suivante : "Tu dois lire aussi tes contemporains. On ne peut se nourrir uniquement de racines". Je ne crois pas avoir lu grand nombre de mes contemporains, c'est à dire de romanciers qui ont sensiblement mon âge et encore moins d'auteurs qui seraient plus jeunes que moi. Leur univers est le mien et ce qu'ils peuvent en tirer, ça ne m'intéresse que très rarement. Les auteurs que j'estime émergent d'un monde qui précède ma naissance. Bien entendu, il existe face à cette situation des exceptions. Justement, le mois dernier, avec "Le ciel de Bay City", Catherine Mavrikakis est entrée dans la liste des exceptions. J'avais, en début d'été, découvert le blog de cette auteure canadienne. Sa manière d'écrire, très incisive et largement ironique, avait retenu mon attention. Puis, dernièrement, Martine Silbert m'a incité à me rendre chez Sauramps pour acheter "Le ciel de Bay City". Mavrikakis est née à Chicago en 1961. Elle a donc 5 ans de moins que moi. Elle dépeint un univers ordinaire, celui que tout le monde a sous les yeux, mais que personne ne veut voir. J'ai l'impression que c'est un univers que les auteurs francophones contemporains ne savent pas décrire, parce que, généralement, contrairement à Mavrikakis, ils n'habitent pas le monde dans lequel ils vivent. Ces pseudo-romanciers construisent des bouquins fades où tout barbote en surface, parce que la matière qu'ils mettent en page ne pèse rien de plus que le poids de leur minable ego boursouflé. Ces "auteurs", dont les éditeurs font la publicité, sur lesquels je me suis parfois penché, enfilent des perles, des clichés, des stéréotypes, des lieux communs dans un style qui se voudrait inimitable, tandis que la critique journalistique servile est ravie. C'est pour ça que j'ouvre rarement leurs publications. Quand ça se produit, quand je prends la peine de parcourir un de ces romans rédigés au cours des 20 dernières années, ces écrits me tombent rapidement des mains. Je partage le point de vue de Tzvetan Todorov, qui pense que le romancier, quelle que soit sa subjectivité, doit tenir compte d'une réalité objective accessible à tous : "Nihilisme et solipsisme littéraires sont à l'évidence solidaires. Ils reposent sur l'idée qu'une rupture radicale sépare le moi et le monde, autrement dit qu'il n'existe pas de monde commun." Et c'est ce genre de choses qui voudrait se faire passer pour de la littérature en France. Mais ce n'est que la somme de textes d'enculeurs de mouches qui utilisent le fameux filon du roman, pour broder sur leur vie intime. Une vie intime dont je me fous complètement. Heureusement, "Le ciel de Bay City" est mauve, et, s'il est écrit à la première personne, ce roman ne tombe pas dans l'auto-fiction insupportable : Mavrikakis ne ne donne pas l'impression de se prendre pour l'être unique. Pour moi, le ciel de Bay City rejoint le ciel de Charlotte, en Caroline du Nord, là où est née, au siècle précédent, Frankie Addams, l'héroïne de Carson McCullers. Je rapproche Frankie de la narratrice du roman de Mavrikakis. Bien que contemporain, l'arbre de Mavrikakis a de solides racines et on peut facilement s'en nourrir.

Monday, 28 September 2009

En ligne

J'ai retrouvé la date exacte: c'était le 13 octobre, l'année dernière. Ce jour là, mon téléphone mobile passait à la poubelle. Je refusais de continuer de banquer pour un service inutile, un truc que j'utilisais qu'une fois tous les trois mois. Depuis, en un an, le mobile ne m'a jamais manqué.

Pourtant, à midi, la mort dans l'âme, j'ai pris un abonnement chez SFR. C'est triste, ça me rend vert. Mais je n'avais pas le choix : ce matin reprendre un mobile était devenu un acte nécessaire. Souhaitons qu'avoir à trimballer un téléphone cellulaire soit une nécessité qui ne dure pas plus de quelques mois.

Par ailleurs, mais dans un même ordre d'idées, depuis quelques temps, je réfléchis à la meilleure manière de me passer d'ADSL. Au début des années 90, j'ai vécu quatre années consécutives sans téléphone. Je rêve maintenant de passer plusieurs années sans avoir à me connecter sur le Web. Heureusement, je me détache de plus en plus facilement de cet univers virtuel. J'espère qu'un jour le monde de la communication en ligne ne sera pour moi qu'un vieux souvenir écrasé, stratifié au fin fond de ma mémoire.

Friday, 25 September 2009

Agonie

Il me reste environ deux heures pour publier un post sur ce blog. Passé ce délai, on pourrait considérer SCH 2009 comme un blog mort. Car, selon une règle tacite en vigueur parmi les bloggers, un blog qui n'est pas alimenté, au moins une fois en un mois, est alors déclaré : blog à l'abandon. Étant donné que le post précédent date du 26 Août dernier, il ne me reste que peu de temps pour sauver SCH.

Malheureusement, je n'ai rien à dire. Pire : je n'ai rien envie de dire, c'est à dire que je ne vais même pas essayer de me creuser les méninges deux secondes pour trouver une thèse à développer, soit matière à rédiger un billet. Je suis fatigué du blogging et fatigué par l'activité stérile, sans intérêt que déploient la plupart des bloggers sur le Web. Je ne vais donc pas ajouter un texte insignifiant de plus sur la Toile.

Pas ce soir en tout cas.

Wednesday, 26 August 2009

Tribus de maquereaux

Voilà le credo d'un tas de crétins qui vous bassinent en permanence sur la Toile. On se croirait revenu aux années Bernard Tapis quand n'importe quel peigne-cul pensait avoir la possibilité de devenir milliardaire du jour au lendemain simplement en adoptant les manières du nabab "made in France" découvertes dans son autobiographie pleine de bons conseils pour l'époque. On a eu un autre guru, par la suite, dont je ne me souviens plus du nom : un type qui avait des trous dans ses chaussettes et travaillait dans l'industrie des loisirs. Comme pour Tapis, la génération de vendeurs hexagonaux suivante ne parlait que de lui.

Depuis, le contexte a changé : les lancinantes répétitions, la doxa omniprésente concernant "la réussite" sociale, ce discours qu'on entendait sur les radios, à la TV, puis dans toutes les cafétérias des supermarchés du territoire, s'est adapté pour devenir le message qu'on peut lire maintenant en ligne et qui passe en boucle sur les réseaux sociaux. C'est un discours recomposé pour la circonstance. Il est décliné à toutes les sauces, sous de multiples variantes, dont une des premières a fait fureur sur l'espace francophone : celle de Loic Lemeur, le Serial entrepreneur !

Aujourd'hui, le credo se résume ainsi :
"Les leaders n’ont pas de traits en commun, sauf ceux-ci : un refus constructif du statu quo, une énergie et un optimisme qui leur permettent de changer les choses et d’offrir une plate-forme d’action aux gens qui ont envie de travailler dans leur sens - de les suivre. Car vous ne serez pas un leader tout seul : vous avez donc besoin d’une tribu, c’est-à-dire d’un «groupe de personnes connectées entre elles, connectées à un leader et connectées à une idée». Alors créez votre tribu - ou trouvez-en une qui a besoin de vous. Les possibilités sont immenses." [Seth Godin, Tribus]
D'emblée on remarquera que la première affirmation est fausse, car les "leaders" ont bien un trait commun : tous partagent la même foi, tous pensent qu'il leur faut une tribu, c'est à dire une armée d'esclaves qu'ils vont utiliser à la réalisation d'un rêve commun : devenir le leader maximo. Si ce n'était pas le cas, ils n'entraient certainement pas dans la catégorie "leader" et ne seraient pas identifiés par ce terme. Pour composer leurs armées de bourrins, les leaders se livrent tout azimut à des opérations de séduction/captation dénommées "communications" dans le jargon des maquerelles du Web. Ce battage est, au fil du temps, devenu insupportable : passer entre les mailles du "buzz", outil primaire de la communication, est un véritable parcours du combattant, quasi impossible à réaliser lorsqu'on navigue en ligne. Pas une seule journée passée sur la Toile sans qu'un des membres d'une "tribu" quelconque vienne vous solliciter pour essayer de vous gagner à sa "cause". Comme le disait Flaubert dans ses correspondances : "Il y a entre les hommes une sorte de pacte fraternel et tacite qui les oblige à être maquereaux les uns des autres."

Barrez vous bande de fumiers ! Ramassis de clochards du Net, branleurs improductifs qui ne savent rien faire de mieux que du copier-coller ! J'en ai assez de vous avoir dans mes jambes, de vous trouver vautrés sur ma route presque partout où je me rends sur le Web. Dégagez... s'il vous plait !!!

Monday, 27 July 2009

Passages

Depuis le début du week-end, qui est maintenant derrière nous, puisque que nous sommes Lundi, je n'ai fait que perdre mon temps. J'ai à peine avancé dans la lecture de "La noblesse de l'esprit" de Reimen et je n'en suis qu'à la page 126, alors que c'est un essai qui se lit très facilement. Un essai qui parle de la civilisation telle que Goethe la définissait : "la civilisation est un exercice permanent de respect ; du divin, de la terre, de la nature et de notre propre prochain et de notre dignité."

Comment ai-je pu perdre mon temps ? Ce n'est pas difficile à imaginer : je suis resté comme un idiot, face à l'écran du PC, en lisant aussi bien des messages sur Twitter que les dernières dépêches Reuters, le tout mixé avec quelques articles glanés sur la presse en ligne. C'est assez simple à retrouver puisque Google Web History conserve les URL des sites que j'ai pu rechercher : il y a des pages sur la découverte d’un fossile de primate en Birmanie ou les frasques de Berlusconi, des pages sur les façons dont les commerçants français arnaquent les touristes ou des pages sur des vols retardés par des passagers en colère.

Mais il y a aussi des pages sur lesquelles j'ai passé un peu plus de temps, un temps qui, cette fois, ne fut pas totalement perdu. Ce sont des pages qui parlent du grand poète perse Saadi, l’auteur du Boustân (Le Verger), du Golestân (Le Jardin des Roses), d’un grand nombre d’odes lyriques, d’élégies, de poèmes satiriques et de panégyriques.

Je me suis aussi intéressé à la biographie de la magnifique Hedy Lamarr et, enfin, je suis parti à la recherche de quelques nouvelles polices de caractères, mais rien de plus.

Ce week-end est très vite passé.

Saturday, 25 July 2009

FriendFeed, mon amour

Je lis un paquet de conneries depuis que le flux FriendFeed a vu déferler, en milieu de semaine, la french bossa nova. En effet, j'ai eu le malheur d'accepter n'importe qui ou presque dans les "subcriptions" : j'en ai 34 pour l'instant. Je me dis qu'il va falloir prendre des mesures si je ne veux pas être submergé par des flots d'âneries.

En réalité, ce ne sont pas toujours des conneries qui s'inscrivent sur le flux, mais c'est la répétition sans fin de la même nouvelle - celle que toutes les radios annonçaient déjà au moment du petit dej' et qui est encore clonée par des types à la bourre au moment du dîner, alors qu'on l'a vue défiler des centaines de fois tout au long de la journée, dans la presse en ligne, sur les feeds readers, sur les blogs, sur Twitter... Grâce à Dieu, il y a des lustres que je ne regarde plus la TV !

L'avantage en ne suivant que Twitter, c'est que sur ce microblog les messages sont composés de phrases longues, au pire, de 140 signes. De plus, pour suivre les conversations facilement, il faut passer par des applications externes à Twitter - ce que je ne prend pas la peine de faire. Sur Twitter, je ne m'intéresse donc pas aux conversations qui ne me sont pas directement adressées.

Mais ce n'est pas le cas sur FriendFeed. Les messages ne se limitent pas à 140 signes et il est très facile de suivre ce que les uns et les autres se disent et se répondent. Aussi, le nombre de conneries répétées en boucle augmente considérablement. C'est pénible !
Bien sûr, sur FriendFeed il y est possible de filtrer grossièrement les choses qu'on ne tient pas à lire, comme les commentaires. Mais, le plus simple, c'est de mettre les faibles d'esprits, qu'on a par charité acceptés en "subcriptions", dans une liste spéciale de flux. Cette liste qu'on peut facilement oublier de consulter, je l'ai intitulée : "Lustukus". Elle est déjà pleine à déborder.

Aaaah, comme j'aime le Web 2.0 et ses réseaux sociaux !

Wednesday, 22 July 2009

Twitterland

J'ai encore viré quelques types que, charitablement, j'avais placés dans la liste following lorsqu'ils s'étaient inscrits dans celle de mes followers. Oui, je parle de Twitter qui est peut-être en train de vivre ses derniers jours, alors que mon compte sur ce social network est ouvert depuis deux ans - j'y reviendrai. J'ai viré ces types parce qu'ils m'obligeaient à assister à leurs interminables exercices d'entreléchouillages de culs permanent. C'est obscène, et c'était devenu insupportable ; même en tenant ces léchouilleurs à distance, c'est à dire en ne leur adressant quasiment jamais la parole. Cette race de communicants me débectent. Ils n'ont rien d'autre à foutre que de donner leur avis sur tout et sur n'importe quoi, histoire de faire semblant d'avoir quelque chose à dire alors que c'est seulement un prétexte pour se retrouver emboîtés ensemble, les uns dans les autres. Le pire c'est qu'ils sont toujours tous du même avis et parlent tous, en même temps, des mêmes choses. Quelques leaders d'opinions donnent le ton, et une fois que la hauteur de la note est fixée, le gros du troupeau suit, comme un seul mouton : d'un bout à l'autre de Twitterland retentissent ensuite les tristes bêlements. C'est pénible ! Je me demande comment vivent ces types, comment fonctionne ce qui leur sert de cervelle ? C'est un mystère. Mais un mystère que je ne chercherai pas à élucider car la réponse me semble sans aucun intérêt. Que ces types fassent ce qu'ils veulent entre eux, mais qu'ils ne se trouvent pas dans mon champ de vision, ni sur mon passage, c'est tout ce que je demande.

Monday, 20 July 2009

Insupportable

Il n'y a rien à faire. Je crois que je ne suis pas prêt de me remettre à blogguer, c'est à dire de participer à des échanges de messages suite à la mise en ligne d'un post. Incidemment, ce matin, je pensais à l'achat d'un Sony Reader ou d'un Kindle. Cela fait déjà longtemps que j'envisage l'idée de posséder un tel outil, mais j'attends patiemment que ces machines soient suffisamment au point. Par coïncidence, Pisani vient de donner son avis sur le Kindle 2. Il trouve ça très utile, malgré quelques petites améliorations qui pourraient êtres apportées. Après avoir lu Pisani, j'ai voulu savoir ce qui était dit en commentaires - 51 au moment où je rédige. Je n'ai pas pu aller plus loin que le cinquième ou sixième message tellement le ton des commentateurs m'agace. Je trouve ces gens insupportables, et de plus, je me fous totalement de leur avis.

Remarquez que, dans ce cas, il ne s'agissait que de lire des avis sur une vulgaire machine informatique. Je vous laisse deviner l'état dans lequel je me retrouve s'il m'arrive, aujourd'hui, de me pencher sur des commentaires concernant des sujets un peu plus complexes, tels que : l'homme, la société, le langage, l'art, la religion... Alors, je deviens à moitié fou, j'écume de rage, je rêve d'écrabouiller les auteurs des commentaires, mais surtout de torturer à mort l'auteur du blog qui a permis à un ramassis de bourrins d'exprimer de si stupides "idées". Je me rends compte que je suis réellement devenu allergique à toutes ces pseudo-discussions qui ne mènent à rien - ça je le savais déjà - mais qui me faisaient parfois rire par le passé, lorsque, insouciant, j'occupais mon temps en participant à tout un tas de débats bidons avec, en premier lieu, tout ce qui concerne la politique. Je me souviens maintenant, avec un haut-le-coeur, d'avoir participé à des polémiques révélant le niveau insupportable de la xénophobie dans cette société, ou la place accordée à la religion - ne cherchez pas laquelle, il s'agit bien de l'Islam : la phobie obsessionnelle du blogger laïcard français.

Ce genre de choses ne se reproduira pas de sitôt : je n'arrive plus à lire les blogs qui traitent de sujets de sociétés avec en arrière plan des idéaux politiques, quels que soient ces idéaux. Que ces citoyens à la con organisent leur putain de vie comme ils l'entendent et qu'ils me foutent la paix avec leurs opinions rances et moisies qui puent encore plus que les fromages dont ils sont si fiers !

Tuesday, 23 June 2009

Montpellier

Mon ami Raf qui a remarqué que, sur mes blogs, je ne parlais pas de Montpellier avec beaucoup d'enthousiasme, m'en a demandé les raisons. Je lui ai répondu la chose suivante  : Montpellier concentre tous les frustrés de l'hexagone. Un tas de personnes a pensé qu'en s'installant dans la région, immédiatement, comme par magie, la vie s'en trouverait grandement améliorée. Le problème, c'est que la région cumule des montagnes d'inconvénients - à commencer par un taux de chômage record - et que la plupart des gens qui ont emménagé dans le coin récemment, sont plus que déçus et amers, une fois que leurs belles illusions se sont envolées. Parce que le soleil et la proximité de la mer ne règlent pas tout. La population de la ville a triplé en 20 ans, suite à une pub éhontée de la municipalité pour attirer du monde. Ceux qui rêvaient de gagner plus en glandant toute la journée à la terrasse des cafés se sont précipités en masse sur cette petite cité provinciale. Mais, économiquement, structurellement, socialement rien n'a suivi  : c'est la merde à tous les niveaux. Alors, les gens compensent ces manques par une frime épouvantable en essayant de se faire croire qu'ils vivent comme des rois, tout en sachant qu'ils se sont fait baiser comme des cons. L'ambiance est insupportable, au point que je ne suis pas allé en centre ville depuis plus d'un an  : la concentration de connards au m² y dépasse le seuil que je suis en mesure de tolérer. Cette ville, qui pouvait à peine supporter le poids d'une cohorte d'étudiants improductifs, - lorsque ces derniers étaient encore issus d'une classe aisée qui entretenait avec largesse sa progéniture -, a depuis sombré dans la merde, victime de sa réputation. Jusqu'à la fin des années 70, Montpellier, assez peu peuplée, vivait à un rythme agréable, dans une ambiance assez décontractée. Mais, brusquement, quand la cité s'est trouvée confrontée aux arrivées massives de pingouins en quête d'Eldorado, l'atmosphère attrayante s'est très rapidement dégradée. Aujourd'hui, cette ville pue et tente de cacher sa misère sous des tonnes de faux semblants, mais les couches de Ripolin ne suffisent plus à masquer le chaos sous-jacent. C'est laid, c'est sale, c'est triste.
Je ne rêve que d'une chose  : me barrer d'ici.

Sunday, 24 May 2009

Flickr, Tumblr & Twitter

C'est fait ! Je viens de mettre en ligne, sur Flickr, cinq peintures digitales, celles que je pensais fabriquer, suite à l'invitation de Shakeh Sarookhanian dont il est question sur le post précèdent. Je comptabilise sur ce site 608 images qui ont été vues 22,147 fois. Il faudrait que je passe plus de temps à faire connaître mon photostream, mais comme j'ai eu l'occasion d'être nominé parmi les six meilleurs photographes européens en 2005, mes images - surtout les premières - ont été largement regardées. Aussi, je passe l'essentiel de mon temps à m'inspirer du travail des artistes de Flickr, mais, depuis deux ans, je ne poste plus grand chose. Contrairement à mes débuts sur ce site, aujourd'hui, je ne participe que très rarement aux discussions qui fleurissent régulièrement entre les membres des divers groupes où je me suis inscrit, tel que Art Room09.

J'ai passé un moment en début d'après-midi à custommiser un nouveau compte sur Twitter - il s'affiche en bas de page sur ce blog. Je ne sais pas trop à quoi il me servira, mais je voulais qu'il soit directement relié à SCH 2009. De plus, cette opération m'a permis de détenir une adresse sur Twitter à mon nom. Il y a encore peu de temps, le moteur de recherche de ce site ne relevait aucun Deligne, mais ce n'est plus le cas, maintenant.

Le 14 Mai 2007, je lançais Mikkado sur Tumblr. Depuis, mon petit Zorro est mort. Je suis inconsolable.

Friday, 8 May 2009

Art Room09

Je ne sais pour quelle raison, hier soir, je suis allé commenter sur le blog d'une abrutie. Elle parlait de la loi Hadopi en s'en tenant aux banalités mille fois énoncées au sujet de cette affaire. Comme le sens de mon commentaire n'allait pas exactement dans le sens de ce qu'elle aurait aimé lire sous son billet, elle n'a rien trouvé de mieux que de le censurer. Par réflexe, j'ai composé un billet sur Cloudy Days pour lui dire ce que je pensais de cette façon de faire, et puis, après y avoir réfléchi, j'ai effacé ce post. Il était évident que je lui faisais inutilement de la publicité.

Quoi qu'on dise de lui, ce genre d'individu s'imagine comme le représentant d'une classe d'êtres supérieurs, occupant le centre de toutes les conversations. Alors que je ne suis pas très enclin à reprendre les discussions sur les blogs, cet épisode, m'a rappelé la sinistre réalité, l'épouvantable atmosphère qui règne sur la franco-bloggosphere. Ce n'est pas plus mal, car cela ne m'incite pas à y revenir.

D'ailleurs, avec ce billet, je pense clore le sujet : je vais même éviter de parler de ce ramassis d'internautes ayant développé des blogs, parce qu'ils ne méritent aucune attention particulière et qu'il vaut mieux les ignorer totalement. Comme la photographie, le dessin vectoriel ou le collage digital ne se bornent pas à l'expression française, ces activités permettent d'avoir affaire à des humains sensibles et doués de raison, et pas simplement à ces veaux d'ensouchés républicains et laïcs auxquels s'ajoutent les assimilés. Je le répète : je n'ai rien en commun avec cette engeance.

Shakeh Sarookhanian vient de m'inviter à participer à un nouveau groupe intitulé Art Room09, ce que j'ai accepté avec plaisir, parce que je sais que l'époque où j'usais de mon énergie à blogguer pour ne rien dire est révolue. J'ai mis du temps à me défaire de cette sale habitude, mais j'y suis enfin parvenu.

Monday, 4 May 2009

Insignifiance

Je viens de me rendre compte que, sur Horizon, au cours du mois de Mars, j'en suis arrivé à publier 26 posts. Il est peu probable que cette situation se reproduise. Je me demande d'ailleurs comment j'ai pu me laisser aller à fabriquer autant de billets, en un seul mois. Une question sans intérêt, en réalité, puisqu'il suffit de rédiger n'importe quoi, de la même façon que je fais du remplissage pour le moment.

Quitte à écrire pour noircir une portion de page, autant signaler que j'en ai pas encore fini avec la lecture de "Vous avez dit Totalitarisme ?" de Zizek : une remise en question des présupposés que l'on peut avoir sur les systèmes totalitaires. Ce livre entend défendre la thèse suivante : loin d'être un concept théorique pertinent, la notion de "totalitarisme" est une sorte de subterfuge ; au lieu de nous donner les moyens de réfléchir, de nous contraindre à appréhender sous un jour nouveau la réalité historique qu'elle désigne, elle nous dispense du devoir de penser, et nous empêche même positivement de le faire. La dispense de penser prendra donc fin lorsque j'aurai tourné la dernière page de cet essai, aussi passionnant qu'amusant.

Il faudrait que je renonce définitivement à entretenir mes blogs et que je me remette à lire sérieusement. La lecture me procure beaucoup plus de satisfactions que l'écriture, cette activité stérile consistant à rallonger indéfiniment les pages des blogs, sans parvenir à en faire quelque chose luisante d'une faible lueur d'intelligence. N'y voyez pas de la fausse modestie, ni même de la vraie, c'est simplement un constat. Ce constat ne me rend ni triste ni amer, je n'ai jamais cru une seule seconde que je serais en mesure de faire autre chose que du remplissage : un empilement de phrases sans signification réelle. Des couches de mots, pour édifier une sorte de hachis parmentier textuel.

Allez... La couche de mots insignifiants est d'une suffisante épaisseur pour ce soir : je raccroche.

Sunday, 3 May 2009

Atmosphère

Mon point de vue sur le blogging est en train de prendre une nouvelle orientation. Si, jusqu'à ces dernières semaines, parallèlement à l'actualité médiatique, mes textes se rapportaient à des sujets de société dont on pouvait discuter les causes et les conséquences, je vais dorénavant ramener les thèmes de mes billets vers un univers plus subjectif et plus proche de mes activités quotidiennes. Je ne pense pas atteindre réellement la forme du journal intime - je ne ferai aucune confession - mais je vais renforcer l'utilisation de mes blogs, principalement de celui-ci, à des fins bien plus personnelles que ce que je ne l'ai fait depuis longtemps.

Lorsque j'ai commencé à blogguer, début 2004, je n'imaginais pas discuter de quoi que ce soit avec qui que ce soit. Certes, il existait la possibilité de commenter - c'était bien ce qui faisait le blog et toute sa nouveauté - mais je ne pensais pas m'en servir, car il ne me venait même pas à l'idée d'aller lire le blog d'un autre. D'ailleurs, à cette époque, la plupart des blogs étaient rédigés en anglais et les quelques rares blogs francophones ne suscitaient pas vraiment mon intérêt. Je n'envisageais pas non plus le fait que quelqu'un puisse donner son avis suite à la publication d'un de mes textes. Pourtant, c'est ce qui s'est produit au bout d'un an et demi, et, de fil en aiguille, des conversations se sont engagées, puisque moi aussi je suis allé répandre la bonne parole sur la Sphère. C'est ainsi que, par la suite, mon activité sur la Toile a eu pour premier objectif l'incitation à commenter. J'écrivais avec l'idée de provoquer une réaction du lecteur afin d'amorcer un débat plus ou moins contradictoire. Je trouvais ça plaisant, distrayant.

Mais, depuis quelques temps, cette façon de blogguer en est arrivée à me lasser. Et, si j'ai passé de bons moments, plongé dans des discussions enflammées, mon enthousiasme pour la polémique s'est considérablement émoussé au cours de ces derniers mois. Il n'y pas que le plaisir pour la controverse qui s'est émoussé, car, dans un même temps, j'ai réduit de façon très sensible le nombre de lectures concernant l'actualité. Quotidiennement, je passe beaucoup moins d'heures à lire la presse en ligne. La politique est quelque chose qui ne m'a jamais passionné, mais depuis l'automne, depuis les dernières élections américaines, et, surtout, depuis que l'intervention de l'armée israélienne à Gaza est finie, j'observe les interventions politiques des grands de ce monde avec le maximum de distance. Ce qui se traduit par un désintérêt plus important pour cette catégorie d'informations. Encore aujourd'hui, suite à l'épisode A/H1N1, je suis atterré de constater à quel point mes contemporains sont prêts à se laisser manipuler par les mass-media. Ce sont des événements comme celui-ci qui me font prendre conscience de ce qui me sépare de la plupart des gens. Comme je le disais précédemment, mon imaginaire recoupe très peu l'imaginaire collectif de ce pays. Quand je sais qu'une immense majorité privilégie l'égalité par rapport à la liberté, je me dis qu'aucun rapprochement ente Eux et Moi n'est possible.

Voilà, je me contenterai de ces quelques lignes pour ce soir. Il est certain que ce genre de monologue n'appelle pas à la discussion. Je comprends aisément que ce type de billet n'intéresse personne. Heureusement, car ces mots n'ont de valeur que pour moi. Bien que pourtant, si je me donne la peine de mettre ce texte en ligne, je le fais dans une certaine intention : celle d'inciter les bloggers à n'écrire que pour eux-mêmes, et, par là, à ne pas solliciter de commentaire, ce qui finalement permettra à la bloggosphere de vivre en paix.

Monday, 27 April 2009

Rien

J'ai modifié trois fois le template de Cloudy Days, depuis le début du mois. Ces modifications indiquent que je tiens plus à la forme qu'au contenu de ce blog. Voilà cinq années que, sur la bloggosphere, je donne mon avis à propos de tout et de rien . Je réalise seulement maintenant à quel point j'ai pu perdre mon temps. Enfin, je devrais dire que je savais depuis longtemps que je perdais mon temps et que j'ose, seulement aujourd'hui, le formuler par écrit. D'ailleurs, ce n'est pas uniquement en publiant sur la bloggosphere que je gaspille inutilement mon énergie : c'est exactement la même chose pour tout ce qui touche à ma vie au quotidien.

En effet, je me contente de survivre au sein de cette société qui ne représente pour moi aucun attrait particulier. Je vis au contact d'une population qui, dans l'ensemble, n'a aucun intérêt pour moi, puisque je ne partage que très peu de choses avec elle. Les interactions, entre mon entourage et moi, se limitent aux choses les plus triviales, celles qui sont inhérentes à l'alimentation, aux actes les plus usuels de la vie au quotidien. J'ai vraiment l'impression de vivre dans un bocal avec des gens que je ne déteste pas mais qui me laissent totalement indifférent. Ou, pour être plus précis : des gens qui me laissent totalement indifférent, tant que je n'ai pas à supporter leur présence trop longtemps, c'est à dire plus de dix minutes par jour, lorsqu'il me faut faire des courses ou régler un problème ou un autre, tel que, par exemple, faire faire la vidange de la voiture, quelques points de suture à la suite d'une blessure, et toutes ces choses inévitables auxquelles il faut faire face : la maintenance ordinaire du système vital.

Je me dis que si j'avais choisi de vivre ailleurs, en dehors du Palais de Cristal, ma vie se serait certainement déroulée autrement. Je n'en serais probablement pas à subir cette routine abrutissante au milieu de veaux qui se pissent dessus dès qu'un organisme sanitaire détecte un virus ou un autre à l'autre bout de la planète. C'est bien ça qui m'empêche d'avoir des relations avec mes concitoyens, c'est le fait qu'ils sont prêts à croire à n'importe quelle connerie dès qu'une institution quelconque, à commencer par les mass-medias, leur annonce une catastrophe imminente. Je ne partage pas leurs craintes - ni leurs espoirs - parce que je ne partage pas leurs représentations. Entre mon imaginaire et le leur s'étend une faille abyssale qui me semble infranchissable.

Même le blogging, la construction de ce pont virtuel, ne peut pas m'en rapprocher. Je ne peux que me bercer de l'illusion que nous avons quelque chose à partager par ordinateurs interposés. Mais, il faut se rendre à l'évidence...

Sunday, 26 April 2009

Plus tard

Il s'est passé quelques jours sans que je n'ai activé FeedDemon. Je ne sais donc pas ce qui a pu se produire dans le secteur des blogs que je lisais assez régulièrement, avec plus ou moins d'application. Je n'ai pratiquement rien suivi concernant l'actualité. J'ai survolé les journaux en ligne et j'ai évité tous les blogs qui parlent de politique ou traitent des sujets de société. Je me suis contenté de lire et de poster quelques messages sur Twitter. C'est surtout PhotoShop qui a occupé la plupart de mon temps au cours de la semaine passée. J'ai redessiné, pour la troisième fois depuis le début du mois, le template de Cloudy Days. On peut considérer que je n'ai rien publié sur ce blog depuis le 19 Avril. Je pense que je ne reprendrai pas les discussions par ordinateur interposé bientôt. Je vais laisser encore passer pas mal de temps avant de reprendre le dialogue en ligne, car ça ne me dit vraiment rien pour l'instant.

Monday, 13 April 2009

Images

Dans Les choses ont changé, je fais allusion à une conversation par mail avec mon frère qui vient d'acheter une caméra photo. Je lui disais que le meilleur moyen de progresser rapidement dans le domaine artistique que représente la photographie, c'est d'avoir en permanence un boiter dans la poche et de ne pas hésiter à photographier tout reflet lumineux qui semble digne d'être capturé au travers des lentilles d'un objectif pour le conserver sur un support argentique ou numérique.

Je suis tombé, par hasard, ce matin, sur une remarque d'Annie Leibovitz qui dit la même chose :
"Ce qui importe, c'est la photographie. Être un photographe a été toute ma vie. J'ai pris des photos tout le temps, et à peu près tout ce que j'ai photographié me semble intéressant. Chaque fois que je suis sorti pour prendre une photo a été un moment différent de la fois précédente. Les circonstances étaient différentes. Le lieu était différent. La dynamique était différente. À chaque fois. Vous ne pouvez jamais savoir à l'avance comment les choses vont se dérouler."
Voilà, ce ne me semble pas très compliqué. Photographiez et vous deviendrez photographe ! Reste ensuite à définir ce qu'est une bonne photographie. C'est là que, réellement, commencent les problèmes. Mais j'arrive maintenant, après en avoir vu des milliers, à faire un peu mieux la discrimination entre bons et mauvais clichés.

Pour finir, je signale à ceux qui sont intéressés par les images, que LIFE est en ligne depuis quelques jours.

Saturday, 11 April 2009

Mal barrée

La semaine tire sur sa fin. Ce Dimanche sera le Dimanche de Pâques. Les moustiques sont de retour. Dans la zone B, les vacances scolaires ont débuté le week-end dernier. Le quartier est donc beaucoup plus calme, la circulation en voiture, un peu plus fluide. Malheureusement, ça ne durera pas longtemps. Cette ville est à l'image du pays, et ce pays est un vrai bordel.

J'ai entendu à la radio, avant-hier, que la Caisse des Dépôts et Consignations a enregistré l'an dernier les premières pertes de son histoire. L'établissement public a essuyé une perte nette de près de 1,5 milliard d'euros au titre de l'exercice 2008.

C'est ce type d'information qui me fait croire que la France est mal barrée. Bien entendu, d'autres signes font penser que les choses peuvent se compliquer, que la vie au quotidien se fera moins souriante, pour les Européens de l'Ouest, qu'elle ne l'a été dans la seconde moitié du XXème siècle.

C'est surtout les Français qui risquent de se retrouver dans une situation matérielle et psycho-politique difficile à supporter. Mais, ce n'est pas moi qui vais les plaindre. Ils ne font strictement rien qui puisse aller à l'encontre de cette caste majoritaire que représente la fonction publique et de tout ce qui s'y rattache directement. Cette caste de mauvais-à-tout qui se laisse conduire par des syndicats véreux coule ce pays sans que quiconque ne puisse s'y opposer.

Bref, un de ces quatre, tout ça finira mal.

Enfin, je dis ça mais je n'en sais rien. Personne ne peut prédire l'avenir avec certitude.

Saturday, 4 April 2009

Les choses ont changé

J'ai publié, cet après-midi, sur Cloudy Days, une photo qui me fait tordre de rire chaque fois que je retourne la regarder. Elle fait partie d'une série qui composent un reportage photographique publié par Tim Reese, un blogger du Sacramento Bee. C'est au sujet des manifestations qui ont eu lieu à Londres, peu avant la tenu du sommet qui réunissait, je ne sais pour quelles raisons, 20 chefs d'état. Je passe de moins en moins de temps à lire les journaux en ligne, toutes ces salades me fatiguent.

Je recommence à fréquenter Flickr et à recoller quelques photos sur No Milk Today. Mon plus jeune frère a acheté récemment un Leica D-Lux 4, ce qui m'a donné l'occasion de rediscuter par mail de photos avec lui.

J'ai aussi reçu, dans la soirée, des nouvelles du Chili : mon adorable amie Belencha est de nouveau en ligne. Elle vient de me contacter, alors qu'elle n'avait pas émis le moindre message, ni par mail, ni sur le Web, depuis plus de trois mois. Elle a publié quelques photos au cours de la semaine dernière dans un style totalement différent de ce qu'elle a fait pendant deux années consécutives, c'est à dire environ 200 auto-portraits. Les dernières photos de La Bele me remplissent d'émotion parce qu'elles me ramènent à l'époque où Belencha s'appelait encore Silencio, une époque où a ses premières images étaient pleines de magie. De magie véritable. Mais ces photos magiques, publiées en mai 2005, sont aujourd'hui invisibles : Belencha les a masquées, aussi son photostream ne débute qu'un an plus tard, en mars 2006.

Je regrette d'avoir perdu tant de temps avec les bloggers français qui dans l'ensemble - une petite minorité mise à part - ne m'ont rien apportés. Je n'ai jamais pris beaucoup de plaisir avec mes blogs en comparaison avec les véritables joies que j'ai ressenti à l'époque où je consacrais la plupart de mon temps en ligne, à sillonner Flickr. Je m'interroge sur le fait d'avoir passé autant d'heures à blogguer pour rien ou pour pas grand chose. Bon, en vérité, je n'est pas besoin de m'interroger longuement pour savoir ce qui m'a conduit à perdre autant de temps, car je connais la réponse : j'avais l'impression que si je lâchais un blog comme Cloudy Days, j'abandonnais une partie de mon territoire virtuel à une bande de connards.

Cette année les choses ont changé. Je suis moins sympathique. Je me replie.

Friday, 3 April 2009

Egalité

Voici ce que j'ai pu lire il y a un instant sur le Web. C'est un commentaire qui suit le billet d'un bien-pensant de la bloggotruc au sujet des conditions d'incarcérations inadmissibles - c'est bien réel - faites aux prisonniers en France :
J’ai un correspondant (par lettres) qui est incarcéré à Châteauroux. Qu’importe ce qu’il a fait, une affaire, me semble-t-il où, s’il avait été du bon côté du manche il aurait moins écopé… mais comme dit Higelin, mauvais avocat, etc … c’est quelqu’un qui se plaint peu, trouve le moyen avec les sous qu’il gagne en travaillant en prison (il y a 2 ans, ils se sont mis en grève pour être un peu moins exploité par les multinationales qui aujourd’hui délocalisent en chine) d’aider des personnes en Afrique ou à Madagascar… c’est par un autre des mes correspondants d’ASF que je l’ai appris, sinon il ne s’en vente pas, même pour chercher à obtenir une libération conditionnelle improbable. Ca me fout les boules pour lui quand j’apprends que Cantat ne fera que la moitié de sa peine… Mais “personne connue”, ça aide !?
Rédigé par : kamizole | le Vendredi 23 septembre 2005
Voici à quoi on sait immédiatement qu'on a affaire au connard de base. Premièrement, je ne suis pas sûr que cette relation épistolaire existe. J'ai un peu de mal à croire qu'un type qui travaille en Centre de Détention se soucie beaucoup des conditions de vie des Africains, mais admettons. J'ai encore plus de mal à imaginer que des types qui ont eu "la chance" d'avoir du travail en prison se mettent en grève parce qu'ils se sentent "exploités" par une multinationale. Que le connard qui se surnomme Kamizole puisse présumer de ce que des juges décideront quant à une mise en liberté conditionnelle au sujet de cet improbable prisonnier, ça aussi, ça m'incite à penser que cet abruti raconte n'importe quoi.

Par contre, je suis persuadé qu'il livre le fond de sa pensée quand il déclare : "Ca me fout les boules pour lui quand j’apprends que Cantat ne fera que la moitié de sa peine… Mais “personne connue”, ça aide !?" Donc Kamizole qui se voudrait "humaniste" et qui, pour cette raison, est malade de savoir que des multinationales qui délocalisent en Chine "exploitent" son supposé correspondant, ce Kamisole de mes deux n'est pas d'accord pour que la loi s'applique sous forme de remise de peine à Bertrand Cantat.

Pourquoi Kamizole Botch de Goch n'est pas d'accord ? Et bien, ce n'est pas difficile à deviner : parce qu'il suppose que ce type, Cantat, est riche, pour avoir vendu quelques morceaux de musique, et qu'il est célèbre, pour avoir tué la fille d'une actrice connue en France. Certes, la justice n'est pas insensible aux arguments d'un avocat et c'est pour cette raison qu'il vaut mieux en avoir un "bon" plutôt qu'un "mauvais", sachant que les honoraires du "bon" seront certainement plus élevés que ceux du "mauvais". Mais, selon ce bourrin de Kamizole, le fait de pouvoir payer un bon avocat doit vous condamner automatiquement à une peine plus lourde. Autrement dit ce connard est tout simplement d'accord pour que les individus ne soient pas jugés et condamnés pour des actes, mais pour ce qu'ils sont, pour ce qu'ils représentent, en fonction du niveau de leur compte en banque ou de leur positionnement au classement Wikio. C'est d'ailleurs les arguments des types qui ont défendu Colonna, ce pauvre berger corse (ce en quoi, ils sont dans leur rôle : Colonna, ce baiseur de chèvres, est tellement stupide et dégénéré - ça se lit dans son regard - que les juges auraient du lui accorder des circonstances atténuantes). C'est, j'en suis persuadé, l'avis de la majorité des Français, ces gens qui ne cessent de clamer à la face du monde leur intégrité morale, leur vénération pour l'Egalité.

Commentaires

Aujourd'hui, j'ai commenté un peu partout sur la franco-sphère, la bloggotruc comme disait RoseNoire. Je l'ai fait sans conserver les coordonnées des blogs sur lesquels j'ai inscrit mon avis. Parce que, à l'avance, je connais, dans la plupart des cas, les réponses qui seront données à mes commentaires: dans ce pays, les bloggers sont prévisibles. Je ne conserve pas les coordonnées, parce que, trop souvent, ces réponses n'en sont pas vraiment. Généralement les bloggers se contentent de vérifier que leur post a bien été lu ou de croire qu'il a bien été lu. Aussi, en retour, ils se bornent à de simples messages n'ayant que la fonction phatique pour visée, une communication sans intérêt. C'est ce qui fait, qu'après avoir commenté, je ne ne retourne que très rarement sur ces billets, ce second passage n'étant possible que pendant la période où je garde l'historique des déplacements du navigateur. Je me dis que les lecteurs de mes commentaires penseront et écriront ce qu'ils voudront, sachant que pour moi, en définitive, c'est sans importance. Il n'y a que quelques bloggers dont les réponses comptent réellement. Ceux-là le savent ou le devinent.

Monday, 23 March 2009

Tristes clowns

Le 20 mars 2009 à 11h43m UT, le Printemps a fait son entrée, mais personne n'a pensé à m'en avertir. Puisque, depuis 3 jours, l'hiver est passé, je pense que je ne vais plus beaucoup me préoccuper de Cloudy Days. Ces interminables discussions interbloggers, qui de toute façon ne mènent jamais à rien, m'ont fatigué.
"Relisez : j'ai écrit « ce n'est pas de l'argent donné aux riches ». DONNÉ. Là, on REND de l'argent, vous comprenez, oui ou non... ?"
Non, non, les bloggers ne comprennent rien. Chacun lit les phrases, non pas comme elles sont écrites, mais comme il a envie de les entendre. A la longue, c'est pénible. Les dialogues de sourds, c'est marrant cinq minutes, mais lorsque que ça se prolonge, ça ne me donne plus envie de rigoler. On a beau essayer de faire les constructions syntaxiques les plus simples et les plus transparentes possibles, il y a toujours un semi-illettré qui se démerdera pour tout interpréter de travers.

Enfin, je fais comme si cette situation était catastrophique, alors que les pseudo-débats politiques qui agitent la sphère me semblent absolument vains et sans conséquence aucune sur la réalité, sinon sur la psychologie collective, en admettant que cette notion elle-même ne soit pas une illusion, une simple vue de l'esprit. Je n'arrive pas à croire que ces discours puissent être d'une quelconque importance. Ça ne sert qu'à flatter la vanité du blogger qui se donne à peu de frais l'impression d'agir sur le cours de l'histoire.
"Donc vous ne comprenez pas. Les chèques dont vous parlez sont RENDUS, ils ne sont pas donnés. Il s'agit d'argent qui, après avoir été prélevé, est reversé. Il n'y aurait aucune confusion si cet argent n'avait tout simplement pas été prélevé. En tout état de cause, qu'un citoyen ne puisse pas être imposé à plus de 50 % est bien le minimum pour que la propriété privée soit préservée."
Les bloggers sont de vrais clowns. Dommage qu'ils ne fassent rire personne... ou presque.

Friday, 20 March 2009

Une goutte d'eau

La semaine tire à sa fin avec ce qui, pour moi, représente une bonne nouvelle puisque l'État belge interdit la vente des chiens et des chats en magasins. Cette interdiction est entrée en vigueur le 1er janvier 2009, et la Cour constitutionnelle l'a confirmée ce matin. Aussi, j'espère que d'autres pays européens vont prendre des mesures qui iront dans le même sens. Ça me paraît bien plus important comme décision que la baisse de la taxe sur la restauration ou des conneries de ce genre.

Cette histoire de restauration, me fait penser que le frigo est plein. Donc, on ne devrait pas avoir à sortir ce week-end. Ainsi, je devrais avoir pas mal de temps à consacrer à l'écriture. Quand je parle d'écriture, je ne parle que de cette opération qui consiste à remplir de l'espace avec des mots. Ici, l'espace est illimité, je ne suis même pas contraint par la nécessité d'avoir suffisamment d'encre et de papier. Ce qui pourrait m'arrêter, c'est une panne d'électricité. Et encore... il faudrait que cette panne de courant dure plus de trois heures, le temps d'épuiser les batteries des laptops (also known as notebooks). Une chose est sûre, c'est que rien ne m'oblige à écrire.

Je ne suis pas comme ces auteurs pour qui écrire est une nécessité quasi vitale. Je me demande bien d'ailleurs pourquoi je me livre à cet exercice. Je ne me suis jamais réellement posé la question. Ou plutôt, je me suis plusieurs fois demandé pourquoi je n'hésitais pas à passer beaucoup de temps à composer des phrases, alors que je ne poursuis aucun but. Mais je n'ai jamais cherché à y réfléchir vraiment, à trouver le motif profond de ce cette activité quotidienne.

Je ne peux pas considérer l'écriture comme un plaisir, sauf rarement, de façon très éphémère, lorsque je me relis et que quelques phrases sonnent assez bien. Alors, je suis content de moi. Mais c'est exceptionnel et ça tient particulièrement au hasard, parce que je ne prends même pas le temps de chercher avec soin les meilleures tournures, celles qui sont les plus agréables à entendre. De plus, j'ai rarement quelque chose à dire. Rien à signaler, ou si peu souvent.

Je ne suis même pas capable de raconter une histoire. Je crois que j'écris pour voir les heures se matérialiser. Comme écrire est quelque chose qui se fait de manière linéaire, chaque mot est le reflet d'un instant. Aussi écrire, c'est, pour moi, regarder couler le temps, le suivre des yeux, comme on regarde une goutte d'eau glisser le long d'une vitre, un jour de pluie.

Voilà, ce sera tout pour ce soir.

Thursday, 19 March 2009

Commentaire sur la sphère

Je crois que je vais me servir de ce blog, comme on se sert d'un miroir. Je vais coller en ligne tout ce qui me passe par la tête, sans même me demander si cela peut avoir un intérêt quelconque pour un lecteur de passage. Je vais d'abord faire du remplissage.

Chaque mot transcrit, chaque phrase dactylographiée est une phrase que je peux tenir sous mes yeux. Chaque fois que je place une phrase, un texte sous mes yeux, quelque chose se reflète, une idée, même la plus banale, me revient. Je ne discuterai peut-être pas souvent avec un blogger de passage, mais je crois que je vais souvent discuter avec moi-même.

Discuter avec les autres, c'est pas mal, mais on passe son temps à essayer de préciser sa pensée, car il est rare d'avoir l'impression d'être compris comme on aimerait l'être. Rare est le lecteur qui ne cherche pas à interpréter bien au-delà du contexte, du territoire qu'on aurait voulu simplement délimiter. Les trois quart du temps, à la lecture d'un texte, le lecteur surajoute des couches d'a priori, empile des tranches découpées dans son monde référentiel, qui ne coïncident pas vraiment avec les significations qu'on a voulu donner. Il n'ira pas dans le sens qu'on voulait indiquer.

Bon, c'est certain, on n'écrit pas très bien. On ne refait pas les phrases mille fois, jusqu'à ce qu'elles découpent la langue et polissent les concepts avec une précision infinie. On se contente, la plupart du temps, comme ce soir par exemple, de phrases pas toujours bien formées. On exprimera des pensées qui n'auront pas été examinées sous tous les angles possibles. Ce qui fait qu'on est pas toujours en droit de traiter de con le lecteur qui patauge. Mais quand même... on s'aperçoit vite que le lecteur se satisfait souvent du survol des billets d'un blog, à très haute altitude, pour inscrire rapidement un commentaire qui, avec un peu de chance, entrera dans le cadre de ce que le rédacteur tentait de signifier.

Le blogger tient avant tout à laisser une trace de son passage et c'est vraisemblablement pour cette raison qu'il passe sur votre blog, juste le temps de pisser deux ou trois gouttes, histoire de marquer son territoire. C'est aussi pour cette raison que je me demande si ça vaut le coup de laisser la possibilité au lecteur de passage de commenter.

Veremos.

Manifestations

Près d'1,2 million de manifestants selon la police. De leur côté, les syndicats en ont compté 3 millions. Le 29 janvier, la police avait compté 1,08 million de manifestants, contre 2,5 millions pour les syndicats. Quelque 21,1 % des fonctionnaires ont fait grève contre plus de 25 % le 29 janvier, annonce le ministère de la fonction publique.

J'en ai plus qu'assez de ce pays et de ses habitants. Mais, de par ma nationalité et parce que je n'ai pas eu la chance de naître sous de meilleurs auspices, je suis condamné à rester ici. Ce qui fait que dois régulièrement assister à cette sorte de spectacle épouvantable, constitué de troupeaux de connards qui défilent en beuglant.

Ces rassemblements ont lieu parce que ces abrutis impuissants sont incapables d'inventer d'autres moyens de faire face à leurs angoisses existentielles. Ils sont manipulés par une poignée de meneurs très bien organisés. Depuis leur entrée en maternelle, les meneurs ne cessent de leur matraquer la cervelle afin de les maintenir dans la crainte de l'avenir. Tout comme ils les maintiennent dans des catégories artificielles, dénommées classes, dans le but de mieux les contrôler. C'est tellement simple, tellement con, tellement énorme, que ça marche. Tous ces tordus y croient.

Bon, le fait d'en avoir parlé m'a permis de mettre cette vision cauchemardesque de l'humanité à distance. Le spectacle du bétail humain qui se laisse conduire là où de petits malins ont décidé de le mener commence à s'estomper. Je vais aller boire un café. Dans un moment, je n'y penserai plus. Ces manifestations m'auront donné matière à écrire le premier billet.